L'agriculture biologique - Ce qui différencie les produits bios et les autres

 

Exemple : Culture de la clémentine en Corse

En rouge : pratique ou produit interdit en bio      En vert   :  pratique ou produit autorisé en bio


 

 

Fertilisation Fertilisation

Engrais solubles issus de la chimie, apportés en fert'irrigation (= dans l’eau d’irrigation) si irrigation au goutte à goutte, sinon en granulés + engrais foliaires.
Doses préconisées : N 180 U (azote)/ ha, P 45 U (acide phosphorique) / ha, K 90 U / kg (potasse)

Remarques :
L’usage actuel tend à limiter les engrais ; les doses préconisées correspondent plutôt à un maximum.
Les engrais organiques qui améliorent l’état du sol et la qualité des fruits commencent à entrer dans la fertilisation classique.

 

Engrais organiques ou poudres de roche uniquement, fractionnés en plusieurs apports au sol, de préférence enfouis pour une meilleure incorporation ; parfois sous forme foliaire en complément.

Remarque : limitation de la dose d’azote apportée en une fois + forme organique minéralisant lentement = moindre attaque par les insectes, notamment pucerons et cochenilles

Traitements en culture Traitements en culture
  • 2 traitements par an au Catana ou 3 traitements au Round Up (désherbant) sur le rang
  • 1 traitement Huile Blanche au printemps, après la taille (insecticide, anti-cochenilles)
  • 1 traitement à la Gibbéréline à la floraison (traitement d'éclairsissage du fruit)
  • 1 traitement au Dichlorphos à la nouaison (traitement grossisseur du fruit)
  • 1 à 2 traitements au Reldan en été (insecticide anti-cochenille)
  • 1 à 2 traitements à l’Huile Blanche (insecticide anti cochenille)
  • 3 traitements – 1 rang sur 3- au Karaté (insecticide contre la mouche méditerranéenne du fruit) ou 4 traitements au Syneis (insecticide à base de Spinosad)
  • 1 traitement avant récolte au PPM12 (déverdissage) sauf si clémentine certifié en IGP

+ Eventuellement à ajouter

  • 1 à 2 traitements à l’Aliette (fongicide)
  • traitements accaricides
  • 1 traitement contre les pucerons (insecticide)

 

Aucun désherbant

Remarque : broyage de l’herbe régulier tout au long de l’année (l’herbe va composter en enrichir la vie dans le sol)

0 à 2 traitements à l’Huile Blanche (insecticide anti-cochenille) en été

Piégeage massif ou 4 traitements au Syneis (insecticide à base de Spinosad) sur variétés de clémentines précoces

Après récolte Après récolte

Bain de cire (améliore l’aspect du fruit, améliore l’aspect des feuilles et leur conservation)

Remarques :
Pas de déverdissage après récolte en Corse (technique provocant la chute des feuilles, impossible à utiliser sur les fruits vendus avec feuille)

Actuellement plus de traitements fongicides après récolte homologués en France mais ce n’est pas une généralité   : sont utilisés dans d’autres pays producteurs le thiabendazole, l’orthophenylphenol, le benomyl, le diphenyl, l’imazalil.
Ces produits se retrouvent sur les fruits d’importation.

 

Clémentines brossées uniquement, ni cirées, ni traitées. Evidement pas de déverdissage (=> fruits naturellement colorés).

 

Plus simple l’agriculture biologique ?

Le déherbage est la partie visible de l'iceberg - Verger de pomelos bio, en mai
Verger de pomelos bio, en mai

 

Elle dispose certes d’une panoplie "d’intrants" limitée, à base de matières premières simples, d’origine naturelle. Pour autant elle exige anticipation et observation car elle n’utilise pas de produits insecticides rémanents ou à action systémique (pénétrant dans les tissus foliaires et diffusant dans toute la plante par le biais de la sève) qui permettent d’éradiquer les infestations.

Avant toute chose, le choix de la culture doit être raisonné :

La proximité de vergers de fruits d’été, par exemple, sera un frein à la plantation de variétés de clémentines précoces, trop sensibles à la mouche méditerranéenne du fruit, car ces vergers vont servir de relais au parasite qui, se multipliant, deviendra difficilement maîtrisable en bio. Dans ce cas, on choisira plutôt des variétés de pleine saison car l’insecte sera en hibernation au moment où les clémentines deviennent attractives pour lui.

Le verger sera aussi raisonné en globalité :

  • La fertilisation organique est assimilable plus progressivement (après transformation par les micro-organismes du sol) et ne provoque pas les excès d’azote dans la plante, responsables des invasions de pucerons. Un traitement évité tout simplement par l’alimentation équilibrée de la plante.
  • Reconnaître les "auxiliaires" (insectes et autres animaux utiles) et les favoriser permet de réguler les parasites sans intervenir… par la diversité de l’herbe au pied des arbres, les haies et autres zones naturelles qui abritent et favorisent la vie.

Davantage d’heures de travail dans l’entretien des terrains : Broyage régulier de l’herbe, finition sur le rang pour éviter l’installation de la ronce, le lierre et autres vivaces en envahissantes.

Le savoir des agrobiologistes c’est d’arriver à recréer… et entretenir ! l’équilibre écologique de leurs vergers et d’éviter les traitements.

 

De l’usage de produits pesticides classiques

Quand on a la chance de pouvoir observer des champs et des plantations, les désherbants sont la partie émergée de l’iceberg  : c’est la seule qui se voit (avec les passages de roues de tracteur). Les traitements sont incolores et indécelables à l’oeil dès leur application, pour la très grande majorité.  

La France est le troisième consommateur mondial de produits phytosanitaires après les USA et le Japon, avec 100 000 tonnes vendues chaque année, dont 40 % d’herbicides, 30 % de fongicides et 30 % d’insecticides. Plusieurs centaines de matières actives et milliers de formulations commerciales sont actuellement homologuées et utilisées en France.

Le déherbage est la partie visible de l'iceberg - Verger de clémentiniers non bio
Verger de clémentiniers non bio
 

Plusieurs raisons concourent à la nécessité et aux difficultés de réduire l'utilisation des pesticides :

  • la prise de conscience par la société des impacts négatifs des produits phytosanitaires sur l'environnement, voire sur la santé humaine ;
  • le renforcement des réglementations européennes et nationales pour encadrer l'homologation et l'utilisation des pesticides et pour limiter les contaminations de l'environnement par ces produits ;
  • la réduction du nombre de matières actives autorisées et efficaces ;
  • la faible efficacité des actions menées depuis 20 ans pour limiter l’emploi des pesticides.


Et dans notre assiette

L’Europe a récemment décidé de réévaluer l’ensemble des matières actives homologuées, estimant que de trop nombreuses matières actives homologuées il y a plus de 10 ans ne devraient plus l’être aujourd’hui au vu des connaissances actuelles. Nombre de pesticides ont d’ores et déjà été retirés de la vente en Europe.

Cette mesure est un progrès pour la santé des consommateurs, sans oublier celle des agriculteurs et ouvriers agricoles, particulièrement touchés par les problèmes de toxicité des pesticides.

Pour autant, et malgré toutes les procédures d’homologation, les effets sanitaires des pesticides ne sont, comme pour tous les nouveaux produits chimiques, réellement estimés qu’à postériori à partir des statistiques de santé publique sur plusieurs décénies.

 

Un intérêt supplémentaire pour consommer de préférence des produits biologiques

  • Un fruit biologique est en principe exempt de résidus pesticides
  • Un fruit conventionnel peut contenir un cocktail de résidus pesticides - pour chacun desquels il ne dépasse en principe pas la LMR (limite maximale de résidu). Pour autant leurs effets synergiques sont mal connus. Fixée par expérimentation, la LMR est prévue pour assurer l’innocuité pour un produit commercial donné, utilisé seul, en respectant dosage et délai de traitement avant récolte. Aucune expérimentation n’est réalisée sur les effets cumulés de mélanges de résidus résultant de traitements multiples.

 

En images...

Insectes utiles  
Cocons de guêpe prédatrice (néodryinius) de la cicadelle blanche (metcalfa) Colonie de pucerons Fenouil sauvage, plante relais pour la multiplication des coccinelles  
Cocons de guêpe prédatrice (néodryinius) de la cicadelle blanche (metcalfa) Cocons de guêpe prédatrice (néodryinius) de la cicadelle blanche (metcalfa) Cocons de guêpe prédatrice (néodryinius) de la cicadelle blanche (metcalfa)  
Cératites
Mouche méditerranéenne du fruit (cératite) Dégâts de cératite sur pomelos bio Dégâts de cératite sur pomelos bio  
Préparation de pièges pour piégeage massif Piège posé sur oranger bio Captures (contenu des boîtiers jaunes)  
Vergers bio et vergers non bio
Verger de noisetiers bio, en mai Traitement à l'huile blanche contre la cochenille, verger bio Verger de pomelos bio, en mai  
Verger de clémentiniers bio, en octobre Verger de clémentiniers non bio, en avril Verger de clémentiniers non bio, en fin d'hiver  

 

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